Privilégier le long terme afin de permettre aux générations futures de vivre en harmonie avec leur environnement. La Guyane mise sur la construction respectueuse et durable, tout particulièrement par le développement des éco quartiers à Rémire-Montjoly et Cayenne. Construire la ville équatoriale durable en Guyane est un enjeu fort des prochaines années.

En effet, la Guyane est un territoire en pleine mutation, avec une croissance démographique hors-normes, des besoins en équipements très fort, et des spécificités naturelles, géographiques, économiques et sociales. Cela demande des réponses originales et volontaristes qui ne pourront être apportées que par des collectivités et des acteurs sensibilisés et motivés.

Aménager durablement un territoire, c’est trouver un juste équilibre entre préservation des ressources, attractivité du territoire, modernité et pérennité de la vie de quartier.

Le concept de ville durable s’appuie sur de nouvelles façons de concevoir et de vivre sur le territoire, en accord avec les attentes de la population : habiter, circuler, travailler, apprendre, communiquer, valoriser les ressources locales…

Impulsée par la Direction de l’Environnement, de l’aménagement et du Logement (DEAL), cette démarche de conseil et d’assistance aux collectivités et aux professionnels les aident à traduire ces politiques dans leurs projets, à expérimenter, à innover.

La vision globale des aménagements sur le territoire permet aussi à la DEAL de disposer de retours d’expérience, de valoriser les tentatives intéressantes, de faire progresser l’ensemble des collectivités, des professionnels et des citoyens pour construire ensemble la ville durable adaptée au contexte amazonien.

Définir la stratégie

Les documents d’urbanisme (Schéma de cohérence territoriale, plan local d’urbanisme) permettent aux collectivités, de fixer leurs objectifs d’aménagement durable à moyen terme : Transports, équipements structurants, commerces, habitat, tourisme, communications, espaces naturels, patrimoine, ressources …

Le plan-programme initié à Saint-Laurent-du-Maroni est un outil stratégique et opérationnel avec une vision prospective à 20 ans. Les autres documents stratégiques déclineront le plan-programme. Cette expérience pourrait être développée sur d’autres territoires à enjeux.

C’est à ces niveaux que doit s’afficher la politique volontariste pour permettre une approche différente, mieux adaptée au territoire, et favorisant l’innovation.

Favoriser l’émergence de territoires résilients

Les démarches de reconquêtes des centres-villes et de revitalisation des centre-bourgs, en lien avec la préservation du patrimoine, permettent de reconstruire la ville sur elle-même et de favoriser la densification : intervention sur les dents creuses, recyclage urbain.

Elles participent à l’économie locale en favorisant le commerce, les services et les équipements de proximité, la mobilité douce, le cadre de vie.

Répondre aux besoins des populations

Prendre en compte les besoins des habitants, les usages, permet de créer des aménagements adaptés qui seront mieux appropriés. En effet, les habitants sont les premiers usagers qui s’empareront des espaces et équipements publics, qui les feront vivre et qui contribueront au développement d’une vie sociale harmonieuse.

Si le logement social est considéré comme très satisfaisant par ses habitants, l’accessibilité, l’environnement, les espaces publics laissent à désirer. Des pistes sont aussi à explorer pour le logement des plus démunis (auto-construction, auto-réhabilitation) et pour l’accession sociale à la propriété (PSLA).

Revaloriser les quartiers dégradés

La démolition, la reconstruction, la réhabilitation de logements et d’espaces publics permettent de revaloriser l’image d’un quartier et de le désenclaver, en l’ouvrant sur la ville. Cela favorise l’implantation de nouveaux équipements et limite la ségrégation socio-spatiale.

La participation des habitants à l’avenir de leur quartier est un volet fort de la gestion du projet. L’environnement culturel, patrimonial ou social est particulièrement pris en compte dans les projets de renouvellement urbain.

La présence et la qualité des infrastructures de transports collectifs complètent le dispositif de connexion à la ville.

Financer

Le fonds régional d’aménagement foncier et urbain (FRAFU) est un outil au service des politiques locales de l’habitat et de l’aménagement. Il coordonne les interventions financières de l’État, des collectivités territoriales et de l’Union européenne en vue de faciliter la constitution de réserves foncières et la réalisation des équipements nécessaires à l’aménagement d’espaces déjà urbanisés.

L’Agence française de développement (AFD) finance des opérations d’aménagement urbain et des projets de construction de logements qui intègrent les principes de développement durable.

La Caisse des dépôts et consignations accompagne et finance les acteurs locaux dans leurs projets d’aménagement et de construction.

Aménager avec le contexte

L’aménagement neuf est souvent synonyme d’étalement urbain, de perte de territoires agricoles ou naturels ; il est aussi générateur de besoins supplémentaires en termes d’infrastructures, d’équipements et de services. Toutefois, il est incontournable au regard des besoins en Guyane. Les impacts peuvent être partiellement compensés par une meilleure prise en compte du contexte naturel (trames vertes et bleues, biodiversité, topographie, risques) et une intégration adaptée.

Aménager de nouveaux quartiers, c’est aussi penser à les connecter à la ville existante (transports), au climat (ombre, aération), aux besoins des habitants et des usagers (accès aux équipements et commerces, mixités).

Deux quartiers ont été reconnus au niveau national comme pionniers en Guyane et ont obtenu le label Eco quartiers étape 2. Ils sont les germes d’un nouveau type d’aménagement développé notamment dans le cadre des OIN.

Rémire-Montjoly : Eco quartier Georges Othily

C’est ici que le premier label a été donné en 2011 avec d’ambitieux objectifs pour ce quartier de plus de 75 ha qui comptera, à terme, près de 1.500 logements, 2 groupes scolaires, 1 collège qui viendront s’ajouter au lycée déjà existant. C’est une architecture bioclimatique qui sera à l’honneur en privilégiant la ventilation naturelle, des orientations face au vent, un grand respect du relief, des débords de toit larges et des écrans de protection solaire.

Pour le mobilier urbain, là encore les matériaux locaux (latérite, brique en terre crue de Guyane, bois …) seront privilégiés à la fois pour le mobilier urbain mais également pour les cheminements.

Cayenne : Eco quartier Hibiscus

La ville de Cayenne, avec l’EPFAG, crée un nouveau pôle urbain de 25 ha à proximité de l’Université de Guyane et à moins de 2 kms du centre historique de la ville capitale. Cet éco quartier privilégie les circulations douces avec une grande présence des espaces verts. La volonté est également de favoriser la mixité à la fois sociale et générationnelle. L’implantation sur une zone inondable a permis de transformer une contrainte en atout par la construction d’un bassin de rétention de 3 ha qui est également au cœur d’un parcours sportif devenu, en quelques mois, un lieu de rendez-vous incontournable d’un grand nombre de cayennais désireux d’entretenir leur forme.