Et si la Guyane devenait un modèle d’énergie 100 % renouvelable d’ici 2030 ? Située sur l’île de Cayenne, la future centrale bioénergie du Larivot, dont la mise en service des premiers moteurs est prévue pour 2026, remplacera l’actuelle centrale de Dégrad-des-Cannes. Porté par EDF PEI (Production Électrique Insulaire), filiale à 100 % d’EDF SA, ce projet ambitieux fonctionne à la biomasse liquide et permettra à la Guyane de franchir une étape majeure vers un mix énergétique 100 % renouvelable.

Cette centrale garantira un approvisionnement stable en électricité pour 50 % de la population guyanaise, tout en réduisant les coûts énergétiques à long terme. « Les moteurs sont conçus pour fonctionner avec tout type d’huile, dans le respect des normes européennes RED II. EDF PEI a choisi d’exclure l’huile de palme et de soja. Notre biomasse liquide sera majoritairement produite en Europe à partir d’huile de colza », précise Georgy Wilson, chargée de communication de la centrale du Larivot, dirigée par Erwan Collet. « Cette biomasse est un coproduit de la production de protéines végétales, utilisées pour le tourteau destiné à l’alimentation du bétail. »

Chiffres clés

120 MW de puissance.

100 % électricité renouvelable.

500 emplois au pic de la construction.

Plus de 600 M€ d’investissement.

130 M€ de retombées économiques.

Une biomasse locale et durable Concernant la production locale de biomasse liquide, EDF PEI se dit prêt à accompagner les porteurs de projets. Des acteurs locaux – Parc Naturel Régional de Guyane (PNRG), ADEME, Grand Port Maritime, GEPOG – se sont réunis pour en discuter. « C’est complexe, la Guyane ne pourra pas fournir toute la biomasse nécessaire à la centrale. Mais 10 % seraient déjà un bon début », ajoute Georgy Wilson. EDF PEI pourrait, par exemple, collaborer avec des agriculteurs locaux pour identifier des cultures oléagineuses adaptées à la Guyane, contribuant ainsi à l’économie agricole régionale. Cette biomasse d’origine végétale divise par trois les émissions de CO2 par rapport au fuel et améliore la qualité de l’air, évitant environ 500 000 tonnes de CO2 par an.

Un engagement pour la biodiversité Un espace dix fois plus vaste que la superficie de la centrale, dédié à la préservation de la biodiversité locale, représente un investissement de plus de 400 000 € : 150 hectares sanctuarisés avec un plan de gestion piloté par le PNRG. Les mesures ERC (Éviter, Réduire, Compenser) incluent l’accès à l’eau potable et l’électrification des quartiers pour le village Ebène Palikur, situé sur la parcelle. Grâce à ces mesures, une trentaine de foyers du village auront accès à l’eau potable et à l’électricité d’ici 2026. La Miellerie de Macouria a installé des ruches fin 2022 pour polliniser le site, dynamisant la biodiversité, tandis que les palmiers Murumuru, espèces patrimoniales, ont été confiés au Palmetum de Macouria.

Une réponse aux besoins énergétiques Dotée de sept moteurs pour une puissance garantie de 120 MW, la centrale bioénergie du Larivot répond aux besoins énergétiques croissants de l’île de Cayenne, cœur économique de la Guyane où vit près de 50 % de la population. Fruit d’une concertation avec la Collectivité Territoriale de Guyane (CTG), l’État et les acteurs locaux, ce projet de plus de 600 M€ est un vecteur d’emplois durables et d’avenir pour un territoire en pleine croissance.

Les étapes clés du chantier

2023 : pose de la première pierre.

2024 : travaux de génie civil.

2025 : montages électromécaniques et essais.

2026 : mise en service des premiers moteurs, arrêt de la centrale de Dégrad-des-Cannes.

2027 : mise en service définitive.

Un avenir énergétique durable pour la Guyane Avec la centrale bioénergie du Larivot, la Guyane s’engage sur la voie d’un avenir énergétique durable, alliant innovation, respect de la biodiversité, et développement économique pour ses habitants.

Photos : Ronan Liétar, EDF | Textes : Françoise Rassel

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