Enjeux, défis et perspectives pour la ville
Repeupler le cœur de Fort-de-France est l’un des enjeux majeurs des grands chantiers de rénovation menés par la ville. La SOAME y participe largement.
Rencontre avec Nicolas Gauvin, Directeur général délégué de la SOAME, qui intervient sur les chantiers de réhabilitation actuels et à venir dans la ville-capitale.
Quels sont les projets de réhabilitation dans le centre-ville ?
Dans le centre-ville, les projets qui s’étendent de 2025 à 2030 s’inscrivent dans ce premier programme “Action cœur de ville”. Ses objectifs visent au repeuplement du centre-ville et à la redynamisation de l’activité économique. Afin de pouvoir atteindre ces objectifs, nous intervenons à trois niveaux :
Construction neuve (logements, bureaux et rez-de-chaussée commerciaux). Dans ce volet, nous acquérons les terrains, organisons les phases de démolition, d’assainissement, raccordons aux VRD et vendons à un promoteur.
Réhabilitation : le programme consiste à produire une offre de logements à partir de bâtiments inoccupés sur le territoire de Fort-de-France et sur lesquels aucun opérateur privé ne peut intervenir.
Un programme vise exclusivement les locaux commerciaux. Des commerces dégradés, fermés, vacants qui ne trouvent pas ou plus de preneurs, et que nous rachetons et réhabilitons pour les remettre ensuite sur le marché. Effectivement, le paysage économique, en pleine transformation, entraîne une évolution notable des types de commerces. Cette initiative a pour but de présenter des exemples concrets susceptibles de dynamiser l’économie locale au cœur de la ville.
Quel est l’autre programme ?
Le centre-ville fait l’objet d’un autre programme de réhabilitation structurelle de bâtiments dégradés, voire à l’état de friches.
Deux secteurs sont concernés : l’arc situé à l’ouest de la ville (bd Allègre) autour du canal, dans le secteur Gueydon, et le secteur Cazotte qui comprend l’avenue Caraïbe.
Cette opération consiste à réhabiliter des bâtis vacants et dégradés sur ces deux secteurs.
Une fois débarrassés de l’amiante et des problèmes structurels, ces bâtiments se révèlent en parfait état. Ils sont alors prêts à être raccordés aux VRD et à recevoir les finitions ainsi que les aménagements nécessaires pour être remis sur le marché à un coût intéressant et connaître une nouvelle vie.
Quels sont les financements mobilisés pour ces projets ?
Aujourd’hui, nous bénéficions des fonds de l’ANRU (Agence nationale pour la rénovation urbaine), car nous sommes éligibles à cette aide dans le cadre de la convention ANRU.
Action Logement, principal contributeur de l’ANRU, joue un rôle clé dans le recyclage immobilier. Nous disposons d’environ 5 millions d’euros pour le programme de recyclage immobilier, qui comprend quelque 20 interventions.
Sur la question du financement, nous ne pouvons compter que sur des fonds de l’état, des aides locales et le fonds vert, puisque la lutte contre les friches urbaines contribue à la revitalisation de quartiers et à l’amélioration de la qualité de vie des habitants.
Quels sont vos projets ?
Nous collaborons avec le Comité Martiniquais du Tourisme sur l’accueil des croisiéristes à la pointe Simon. Ce projet vise à améliorer les espaces touristiques du front de mer de Fort-de-France.
Un quartier qui a déjà été aménagé d’un parking et d’une grande fresque au sol. Aujourd’hui, une nouvelle étape se franchit avec l’installation d’un point d’accueil fixe composé de locaux destinés aux artisans.
Faut-il réhabiliter tous les bâtiments dégradés de la ville ?
C’est une réflexion en cours. Parfois, mieux vaut les démolir et créer ainsi des espaces propices à d’autres fonctions : bornes de tri, stationnements pour livraisons, espaces verts… De quoi offrir des services en ville actuellement insuffisants. Et surtout, laisser la ville respirer.
Quels chantiers récents ou en cours illustrent le mieux votre savoir-faire ?
Le projet de réhabilitation du bâtiment dit « Bûcher », doté d’un dôme – dont une partie s’est effondrée récemment* – anciennement une pharmacie située à l’angle des rues République et Antoine Siger. Nous avons racheté cet immeuble et comptons le réhabiliter à l’identique afin d’y installer un commerce dans l’esprit “grand magasin”. Il s’agira d’un lieu vitrine de produits typiquement martiniquais, avec un espace de dégustation. Il fera 300 m2 distribués sur 3 niveaux. C’est un projet phare, symbole de la réhabilitation en centre-ville.
*note de la rédaction
Merci de Légender les photos | Photos : Hugues Moray | Textes : Marlène François





